"Maybe" à Nice et alentours

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jeudi 19 avril 2012

"Maybe" à Nice et alentours



Comment ?
Une nouvelle aventure de "Maybe" ?
Ce bateau n'est-il pas en vente ?

Oui, il l'est, mais nous ne sommes pas pressés et cette croisière était prévue depuis longtemps. Alors, pourquoi s'en priver ? Cette mini navigation d'une dizaine de jours sera particulièrement tranquille, puisque nous n'aborderons que trois ports, un mouillage (de jour), pour une distance totale de seulement 59 Milles.

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"Maybe" dans son jardin

Les préparatifs

Cette fois, c'est du lourd ! Le bateau a toujours son antifouling d'origine et il est temps d'en faire poser un neuf. De plus, nous devons consolider et améliorer notre dérive qui n'est pas à la hauteur du reste du voilier. Pour cette dernière, nous faisons poser un cerclage en son sommet. Ensuite, "Maybe" est entièrement vidé et nettoyé. Enfin, quelques retouches de peinture lui redonnent un nouvelle jeunesse.

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Le nouveau cerclage de la dérive

Où cela ne se passe pas comme prévu

Tout est prêt et bien organisé. Il ne reste qu'à appeler le gardiennages d'Antibes, que nous commençons à bien connaître, pour lui dire que nous arrivons. Je n'ai pas terminé ma phrase au téléphone que la responsable me coupe : "c'est impossible !". Comment, impossible ? L'explication m'est vite donnée : nous arrivons en plein salon nautique et le port est tout simplement fermé à cause de cet événement. Donc, pas d'accès, pas de place, pas de grutage et pas de gardiennage, ce dernier étant déjà encombrés par les bateaux du port sortis de l'eau.

Alerte maximum, je dois trouver d'urgence un nouveau point de chute dans cette zone, car plus à l'Ouest, on tombe vite sur une météo et un navigation bien plus difficiles en cette saison. Une solution se profile à Nice : il y a un gardiennage, une rampe pour la mise à l'eau et une grue pour la sortie du bateau en fin de séjour. Téléphones aux intéressés, contrôles sur internet, cela semble jouable. Sur place, nous allons découvrir une autre réalité...

Bienvenue à Nice

La descente vers la mer se passe sans problème. La traversée de la ville est plutôt "sport". S'il y avait un concours de la circulation la plus bordélique, Nice serait certainement dans le pelonton de tête, malgré une rude concurrence des autres agglomérations de la Côte d'Azur. Mais c'est au port que tout se dégrade. Je ne sais pas qui a pris l'initiative de poser un gros terminal de ferries à cet endroit, mais ce n'était pas une bonne idée. Il nous est tout simplement impossible d'approcher de la cale de mise à l'eau. Après multes péripéties, déplacement de véhicules en stationnement et j'en passe, nous arrivons enfin à positionner notre chargement devant la rampe. Celle-ci présente un seuil largement hors de l'eau. C'est donc dans un grand "plouf" que "Maybe" retrouvera son élément liquide. Passons sur le transport à travers le parking du moteur, des mouillages, de la survie et autres objets lourds, tout cela en zigzagant entre les carrosseries des voitures. Oublions vite les 50 kilomètres aller et retour qu'il faudra parcourir pour amener le véhicule et sa remorque à leur gardiennage (accueil très sympa). En fin de journée, le bateau est à son ponton avec à l'intérieur, un équipage épuisé.

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Le port de Nice

Le lendemain, c'est l'avitaillement dans les petites échoppes de la vieille ville. La cîté se découvre petit à petit à nous, beaucoup plus intéressante que nous le pensions à notre premier passage, l'année précédente. Ce mélange d'Italie, de France et de... pays Niçois donnent à cet endroit un charme certain.

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L'avitaillement

Mais le temps est beau, il y a du vent (dans le nez, bien sûr!). Il est l'heure de larguer les amarres...

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La vitesse n'est pas exceptionelle, mais il fait beau

Antibes Juan-les-Pins

Nous ne connaissons pas encore ce port et décidons un arrêt d'une nuit. Juan-les-Pins, c'est chic, et pour le marin distrait qui l'aurait oublié, le prix de la nuitée lui rappellera rapidement qu'ici, on n'est pas chez les pauvres.

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La plage d'Antibes Juan-les-Pins. Il vous en coûtera 25 euros pour passer la journée sur une chaise longue !

Le nombre de 5 étoiles y est plus élevé que celui des boulangeries et si vous avez besoin d'un sachet de café ou d'un paquet de nouilles, ce sera plus difficile à trouver qu'un sac de luxe ou qu'une tenue haute couture ! Pourtant, le lieu n'est pas si beau que cela. L'architecture y est anarchique et de belles demeures côtoient des ensembles en béton construits dans les années 60. Les fans de jazz apprécieront cependant l'allée où sont moulés les mains de musiciens célèbres.

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Mon cocker et les (mains des) jazzmen !

Cannes, encore et toujours

Mais la route continue, nous nous sommes promis de passer Pâques dans la ville qui fait son cinéma, il n'y a donc pas de temps à perdre. Vent de face, comme d'habitude, nous entrons dans ce port que nous connaissons bien. Nous somme immédiatement accueilli par un de nos vieux amis. Bienvenue à la maison ! L'employée nous annonce les nouveautés en nous mettant dans les mains trois cartes pour le Wifi, correspondant à nos trois nuitées, avec sur chacune le code d'accès qu'il faut entrer pour chaque jour, si on veut la connexion (ce genre de codes à rallonge compliqués à taper et où on se trompe tout le temps). Le problème, c'est que le fameux Wifi est encore pire que l'année précédente et que nous n'arriverons jamais à le faire fonctionner. Pas de soucis car nous avons définitivement compris que le seul moyen d'avoir internet sur un bateau, c'est d'avoir une connexion 3G avec carte "prepaid". C'est le système que nous avons à nouveau plébicité pour cette croisière et nous n'aurons aucun problème.

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"Maybe", amarré au ponton "C" de Cannes, est un peu comme chez lui

Météo toujours, météo encore

Au printemps, la météo méditerranéenne est très difficile et les prévisions ne sont alors souvent fiables que pour 24 heures et encore. Notre voilier étant petit, nous devons rester très méfiants. Nous devons abandonner l'idée de passer une nuit au petit port des Moines de St-Honorat, et nous dirigeons à nouveau vers Nice (vent dans le... ah, vous avez deviné !), car le ciel n'annonce rien de bon. En effet dès le lendemain cela se gâte sérieusement et les avis de grand frais vont s'aligner les uns aux autres, en chapelet. Nous nous retrouvons donc bloqués à Nice mais ne sommes pas malheureux. Nous avons un bon chauffage et "Maybe" est confortable. Simplement, la Grande Bleue nous rappelle à sa manière qu'elle n'est pas un lac !

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L'équipière a mis sa veste de quart. Il ne fera pas trop chaud, ce jour là

Petit test de résistance des matériaux

Nous aimerions aller à Menton, mais impossible d'avoir un bon créneau sur 48h. Nous décidons donc d'une petite sortie promenade autour de Saint-Jean Cap Ferrat. Il fait beau et nous avons le vent dans le... (et bien oui, comme d'habitude !). La mauvaise surprise, c'est la mer qui est formée de petites vagues courtes venant de tous les sens. Un vrai capharnaüm qui rend la navigation peu confortable. J'en profite pour étudier le comportement de notre dérive. Le collier ajouté fournit un excellent travaile et c'est à peine si la dérive se manifeste. On est loin des gros acoups entendus l'été précédent. Puis cela se calme, mais notre ligne de pêche refuse obstinément de nous ravitailler en poissons. Pourtant, l'endroit n'est pas mauvais. Tout va bien à bord, mais voilà qu'au retours, de belle déferlantes font apparition à l'entrée du port. Pourtant, le vent reste maniable. Ce sont certainement de résidus du grand frais actif au large. Nous sommes bien secoués, ainsi qu'un bateau école rentrant en même temps que nous. Les vagues arrivant trois quart arrière, je crains pour le moteur. Mais celui-ci est positionné très haut et la poupe soulage correctement. Tout se passera bien mais c'est tout de même impressionnant ces changements aussi rapides qu'importants que l'on peut trouver ici.

Fin de séjour

Temps maussade mais découvertes gastronomiques inoubliables et grande gentillesse de la population, on ne peut se plaindre et nous commençons à bien nous intégrer à la ville fleurie. Le point noir sera la sortie du bateau de l'eau. Visiblement, la capitainerie n'a pas dû souvent voir un voilier transportable et pense que cela se sort comme un petit jouet pneumatique. De plus, le prix du grutage est très dissuasif. Je vous passe les détails, mais un bon conseil : évitez Nice pour vos mises et sorties de l'eau. Par contre, pour un séjour au ponton, rien à dire.

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Nice, une ville attachante

Le bilan

Petit bateau, petit soucis, grand plaisir ! "Maybe" s'est absolument bien comporté. Nous pouvons le céder en toute tranquillité à celui qui saura l'apprécier.
Même quand le climat n'est pas au mieux de sa forme, la vie sur un bateau amène quelque chose d'unique et d'indéfinissable. Pour beaucoup, le côté spartiate de l'aventure sera dissuasif, mais pour les autres, ce sera la découverte d'un équilibre, voir d'une vrai sérénité.

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Nice, la plage et la promenade des Anglais